1.  Introduction

La terre cuite est l'un des matériaux les plus anciens utilisé dans la construction. Peu de matériaux de construction sont aussi durables que les blocs en terre cuite, ils sont aussi apellés 'briques SB' ou encore blocs treillis dans le commerce. La brique a déjà amplement prouvé qu’elle pouvait résister sans problème aux outrages du temps, sans dommage pour ses caractéristiques. Le bloc de terre cuite à énormemément évolué dans différents domaines, pricipalement dans l'isolation et la résistance de l'habitation.

Après s'être trouvé en perte de vitesse sur le marché de la construction, boudé au profit du bloc de béton face auquel la terre cuite souffrait d'une image de matériau du pauvre, le bloc de terre cuite retrouve depuis peu ses lettres de noblesse, grâce à des innovations récentes :

  • l'abandon du mortier traditionnel au profit d'une colle dite « à joint mince ».
  • le bloc à structure cellulaire très isolant.

Ainsi, en quinze ans, la bloc de terre cuite est passé de 4 % à plus de 20 % du marché des constructions neuves.

2.  Composition

La composition exacte du bloc en terre cuite est un secret bien gardé par les entrepises de fabrication. Cependant, comme vous le savez sûrement la composante majoritaire du bloc en terre cuite est ,bien sûr, l'argile. On va voir comment, à partir de cette argile, on arrive aux blocs qui constituent les mûrs porteurs de nombreuses maisons. Nous nous intéresserons ici à la fabrication des blocs à structure cellulaire très isolants aussi appelés briques SB.

  • Etape1 : L'extraction

L’argile est extraite dans des argilières. Par ailleurs, l’argile est omniprésente dans le sous-sol belge. Le ratio de matières premières extraites annuellement par rapport aux réserves existantes est très faible, ce qui permet de qualifier les ressources en argile comme étant inépuisables …

  • Etape2 : Préparation de l’argile

La préparation comprend deux opérations principales : le broyage et le malaxage d'une part, le dosage et le mélange d'autre part.

Le broyage et le malaxage permettent de rendre la masse d'argile bien homogène et de lui conférer la plasticité nécessaire au moulage. L'homogénéité de l'argile est un facteur très important, imaginez-vous un bloc dans lequel la résistance est fonction de l'endroit où la force y est appliquée, un cauchemar d'ingénieur!

le dosage et le mélange consistent à apporter certains adjuvants à l'argile pour conférer aux blocs différentes caractéristiques. Par exemple, du sable pour rendre l'argile moins gras mais encore de l'oxyde de manganèse pour changer la coloration. Ici aussi, l'homogénéité est scrupuleusement surveillée.

  • Etape 3 : Mise en forme

Les briques SB sont qualifiées de "briques étirées" en opposition avec "briques moulées" et "briques pressées".

Le procédé est assez simple, un long boudin d’argile sort de l’étireuse et est coupé avec un fil d’acier. Parfois, une finition particulière peut etre réalisée pour donner aux briques un aspect rugueux, par exemple en les sablant. Le procédé permet par ailleurs de perforer les briques mais aussi de rendre leurs surfaces très rectilignes.

  • Etape 4 : Séchage

Avant de passer à la cuisson, les blocs dits "crus" doivent encore perdre une grande partie de leur humidité. En effet, à ce moment, l'argile renferme encore une quantité d'eau relativement importante . C'est pourquoi le séchage est nécessaire. Sans cette étape, durant la cuisson, le bloc risquerait de se fissurer voir même d'éclater sous l'action de la dilatation de la vapeur. Le séchage s'opère dans des chambres durant un délai variant de 2 à 4 jours.

  • Etape 5 : Cuisson

C'est la dernière opération que doit subir le bloc d'argile façonné et séché pour devenir à proprement parler un 'bloc en terre cuite'. C'est la phase la plus importante et la plus délicate de la chaine.
L'élévation de la température ainsi que le refroidissement doivent se faire graduellement pour assurer un bon arrangement moléculaire dans les blocs et ainsi, leur conférer une résistance à la compression plus importante.
La température de cuisson varie, selon le type de bloc à réaliser, de 850°C à 1200°C.
Pour cuire les blocs de manière industrielle, on utilise des fours tunnels où les blocs sont chargés sur des wagonnets et parcourent successivement des zones de préchauffages, de cuissons et de refroidissements. Il est aussi possible de jouer sur l'environnement du four en cuisant sans oxygène par exemple. Ce qui permet de jouer sur la teinte finale des blocs.

3.  Caractéristiques isolantes

Le pouvoir d'isolation du bloc en terre cuite et sa rapidité de montage sont ses atouts majeurs sur le marché de la construction. Maintenant, Nous allons parler de son pouvoir isolant d'un point de vue thermique et acoustique.

  • Isolation thermique

Le bloc en terre cuite à structure cellulaire (pour rappel appelé brique SB) a un très bon coefficient "λ". Celui-ci représente la quantité de chaleur échangée par unité de surface et de temps sous un gradient de température. Ce coefficient doit donc être le plus bas possible pour assurer un dissipation minimale de la chaleur. Son unité est le W/m²K.

Pour ce faire une idée de son pouvoir isolant, comparons différents matériaux par leur valeur λ

Matériauλ
Briques SB0.24
Bois0.15
Béton0.92
Briques normales0.84
Laine de verre0.04

Par briques normales, je sous entends briques sans structure alvéolaire.

L'isolation thermique que confère ce bloc est due à sa structure alvéolaire. En effet, Le secret de l’excellente isolation thermique est facile à démontrer. Dans ce bloc de construction à alvéoles en quinconces, le flux thermique doit parcourir, d’une face à l’autre, un vrai “parcours du combattant”. En effet, l'air confiné et immobile, est un excellent isolant thermique. Tandis que la terre cuite,assimilable à une brique normale, a un mauvais coefficient "λ". C'est pourquoi, les alvéoles sont disposées en quinconces dans la structure. le bloc oblige donc, le froid ou la chaud à parcourir une distance de ,par exemple, 1m pour un bloc de 25 cm de largueur d’un côté à l’autre du mur.

Bloc thermique
  • Isolation acoustique

En règle générale, les blocs lourds et donc denses offrent une bonne isolation acoustique, c'est-à-dire qu'ils ne réfléchissent quasiment pas les ondes sonores, au contraire ils les absorbent. Le bloc de terre cuite, étant destiné à la construction rapide et, entre autre, à une bonne isolation thermique(nécessitant des perforations comme expliqués ci-dessus), est un bloc relativement léger. Ceci étant, le bloc de terre cuite a un petit secret pour devenir l'un des blocs qui obtient les meilleurs résultats dans le domaine de l'isolation acoustique. La photo montre un bloc appelé "bloc acoustique". Ici, les alvéoles sont disposées de maniere rectiligne, si vous avez bien suivi ce que je viens de dire, vous comprendrez que ce bloc est moins bon isolant thermique que l'autre. Les multiples alvéoles rectilignes du bloc acoustique forment des tuyaux résonateurs absorbants de fréquences.Ainsi, les ondes sonores sont complètement étouffées par le bloc, ce qui lui permet d'obtenir d'extraordinaires résultats en tant que isolant acoustique.
Bloc acoustique
La technique de construction avec ce type de bloc est similaire aux techniques traditionnelles, c'est-à-dire un mur de briques suivi des isolants pour arriver au mur de blocs.

Les résultats obtenus en matière d'isolation sont relativement bons, il n'empêche qu'une couche d'isolant est tout de même nécessaire pour obtenir un très bon confort dans l'habitation.

Technique traditionnel de construction

4.  Particularités

  • La maçonnerie de terre cuite présente des propriétés inégalables en matière de confort thermique …
    Le bloc de terre cuite a la capcité d'emmagasiner une grande quantité de chaleur et de la restituer si besoin est. Il a un grand pouvoir réfractaire.
    En hiver, l’inertie thermique des murs en terre cuite permet d’emmagasiner durant la journée la chaleur provenant des apports solaires et de restituer cette énergie gratuite au bâtiment avec un certain déphasage dans le temps.
    En été, la chaleur est emmagasinée dans les murs massifs qui ont la capacité d’atténuer les écarts de température et d’éviter une surchauffe dans le bâtiment.
  • La résistance au feu du bloc en terre cuite est assez impressionnante. En effet, lors de sa fabrication le bloc a été cuit au alentour de 1000°C, température à laquelle l'argile commence seulement à s'assouplir. Quand on sait que le maximum de température qu’un incendie de maison peut atteindre est de l'ordre de 900°C, on comprend vite que le bloc de terre cuite résistera au feu assez longtemps. Sa capacité coupe-feu varie de 2 à 3 heures, ce qui est largement suffisant pour, en cas d'incendie, prévenir les services d'incendies et ainsi conserver son habitation.
  • Les blocs de terre cuite sont de véritables produits naturels, leurs matières premières sont l’argile, l’eau, le feu et l’air... on ne peut vraiment plus naturel!les déchets céramiques sont recyclables en matière première qui sert à diverses applications.
    Il y a même la possibilité de réutiliser la partie céramique d'un bâtiment démoli dans la production de briques nouvelles.
  • La durabilité d'une construction en terre cuite est de l'ordre de 150 ans.

5.  Classe de prix

Le prix du bloc en terre cuite est assez raisonnable, plus que le béton normale évidemment, mais moins que les deux autres types de blocs(béton cellulaire et silico-calcaire).

Son prix est d'environ 105€ du mètre cube.

6.  Sources