Auteur: Trine Geoffrey

1.  Introduction

Cette technique consiste à fixer des plaques de pierres à un mur pour donner l’aspect de la pierre à un bâtiment.
La pierre se présente sous forme de plaque de surface généralement inférieure au m² et d’épaisseur allant généralement de 2 à 4cm.
Elles sont fixées à un support par l’intermédiaire d’attaches.
La pierre ne joue donc qu’un rôle décoratif et non pas un rôle de paroi étanche à l’air ou à l’eau.
L’atout principal de cette technique est la réduction du coût par rapport à une maçonnerie en pierre massive tout en donnant un aspect similaire au bâtiment.
Certains types de pierre ne peuvent pas être débités en plaque mince comme certaines catégories de pierre calcaire. Par contre, les granits et les marbres ne posent pas de soucis.


Exemple de plaques

2.  Supports

Un support est le soutien sur lequel repose le poids des plaques de pierres.
Il est impératif d’avoir un support stable et résistant car les plaques de pierres ne sont pas autoporteuses dû à leur faible épaisseur.

Les différents types de support sont en brique, en bloc, en béton (armé ou non), en maçonnerie de pierre naturelle et parfois en structure bois ou métallique.

Chaque support a une charge maximale admissible applicable.

3.  Attaches

Une attache est la pièce qui maintient la plaque à son support.
Il y en a généralement quatre par plaque.
Elles sont soit placées dans le joint vertical soit dans le joint horizontal.
Le choix du type d’attache dépend de plusieurs critères comme la dimension des plaques, la nature du support, la présence d’un isolant ou non, les sollicitations mécaniques, la zone sismique ou encore les contraintes acoustiques et thermiques.

Les différents types d'attaches et techniques de pose:

3.1  Agrafes scellées et polochons :

Les pierres sont attachées au support à l’aide d’un fil inoxydable de 4 ou 5 mm de diamètre selon l’épaisseur des pierres (4 mm pour les pierres de 20 mm et 5 mm pour les pierres de 30 à 40 mm). Ces fils sont préparés par le poseur sous forme « d’agrafes » et sont introduits dans un trou sur le chant de la pierre. L’autre extrémité est scellée au mortier dans un trou de scellement ménagé dans le support : l’empochement. Ces agrafes sont ensuite enrobées dans un polochon qui est destiné à absorber les efforts de compression que le fil ne peut absorber. Il est, soit en ciment pour les revêtements extérieurs, soit en plâtre ou en ciment pour les revêtements intérieurs à l’abri de l’humidité.

Avantages du système :

  • Applicable à tous types de support

Inconvénients du système :

  • Impossibilité de placer un isolant extérieur. (Distance support-revêtement admissible = +-50mm).
  • Nécessité d’un calage soigné de toutes les pierres pendant la durée de prise du mortier de scellement dans le support.





3.2  Agrafes chevillées et polochons

La technique de pose ne diffère de la précédente que par le remplacement de l’empochement par des chevilles de frappe inoxydable. Elles sont élaborées pour permettre l’enfilement du fil d’agrafe.

Inconvénients du système :

  • Impossibilité de placer un isolant extérieur.
  • Ce mode de pose n’est autorisé que dans certains supports (maçonneries pleines ou béton).

Avantages du système :

  • Pas de mortier de scellement dans le support car emploi de chevilles





3.3  Pattes scellées

Les pierres sont attachées au support à l’aide de pattes inoxydables de trois types : la patte droite, la patte à chantournée et la patte cylindrique. Les pattes sont munies d’un ergot destiné à être introduit dans le chant de la pierre. L’autre extrémité de la patte est scellée au mortier dans un trou de scellement ménagé dans le support. Chaque type de patte a une application spécifique. La patte droite est placée dans les joints verticaux tandis que la patte chantournée est placée dans les joints horizontaux. Seule la patte cylindrique est applicable dans les deux situations.

Avantages du système :

  • Polochon non nécessaire car les pattes résistent à la traction, à la compression et bien sûr à la flexion.
  • Applicable à tous types de support.
  • Permet le placement d’un isolant extérieur. (Distance support-revêtement admissible suffisante)

Inconvénients du système :

  • Nécessité d’un calage soigné de toutes les pierres pendant la durée de prise du mortier de scellement dans le support.

3.4  Pattes mécaniques chevillées :

Méthode de fixation la plus couramment utilisée actuellement.
Les pierres sont attachées au support à l’aide de pattes inoxydables réglables. Elles permettent de régler les pierres les unes par rapport aux autres ainsi que par rapport au support.
La patte est fixée au support par l’intermédiaire d’une cheville.

Avantages du système :

  • Totalement réglable
  • Pas de mortier de scellement dans le support car emploi de chevilles
  • Polochon non nécessaire car les pattes résistent à la traction, à la compression et bien sûr à la flexion.
  • Permet de placer un isolant extérieur (Distance support-revêtement admissible = 150mm)

Inconvénients du système :

  • Ce mode de pose n’est autorisé que dans certains supports (maçonneries pleines ou béton).





3.5  Fixation sur ossature :

La technique de fixation sur ossature est utilisée lorsque la pose sur le support est impossible : soit parce que la distance support-revêtement est trop importante ou soit parce que la résistance du support est insuffisante (ex : bloc creux, béton cellulaire,..)
Les ossatures sont en acier inoxydable ou en aluminium.

Inconvénients du système :

  • Coût plus élevé.













3.6  Revêtement mural collé :

Il est possible de coller les plaques au support grâce à des mortiers colles.

Inconvénients du système :

  • Attention particulière à apporter au support (propre, plat,…)
  • Température de mise en place comprise entre 5 et 30°C.













4.  Pathologies :

Des altérations des plaques de pierre peuvent apparaitre au cours du temps et devenir graves en termes de sécurité et de coûts.

4.1  La mise en compression des plaques

La compression peut être due à la dilatation de la pierre, à l’étroitesse des joints, aux défauts de résistance au point de fixation, à la flexion des pattes, à l’oubli des calles lors de la pose ou encore à des agrafes mal posées ou absentes. Cela peut causer des éclats de la pierre ou une mise en flambage avec expulsion des plaques vers l’extérieur.











4.2  Défauts dans la pierre aux points d'attache

Apparition de fissures ou d'éclats proches des trous forés dans la pierre dus à une mauvaise implantation des pattes, un mauvais perçage ou un défaut de la pierre.

4.3  Défauts du support

Ils sont dus à la mauvaise tenue des chevilles ou des attaches ou aux défauts ou à l’absence de fixations. Cela cause des éclats aux agrafes, des pivotements des plaques,…













4.4  Taches sur les plaques

Des tâches peuvent apparaitre sur les plaques de pierres et nuire à l’aspect extérieur. Ces taches proviennent des mastics de construction, de certaines calles utilisées lors de la pose des plaques ou de la mauvaise ventilation entre le support et les plaques.











5.  Sources

http://www.techniques-ingenieur.fr
http://www.qualiteconstruction.com/outils/fiches-pathologie/chute-de-pierres-minces-attachees/glossaire.html
http://www.raphat.fr/pierre-marbre-granit.php