1.Pourquoi recycler ?

De nos jours, les questions environnementales constituent un enjeu majeur. D'une manière générale, la société actuelle a décidé que la culture consistant à utiliser puis jeter n'est pas la meilleure voie à suivre. De plus, la politique gouvernementale fait du recyclage en général une priorité.

Le recyclage des matériaux routiers, et plus précisément des matériaux dits bitumineux (les enrobés,...), a un rôle important à jouer dans l'obtention d'un développement durable. Les ressources sont limitées et il est donc nécessaire de les conserver aussi longtemps que possible. Pour rappel, les bitumes sont soit trouvés à l'état naturel, mais en quantités insuffisantes, soit fabriqués industriellement à partir de pétroles bruts.

Il est donc très important de recycler ces matériaux. Heureusement, le bitume est en théorie entièrement recyclable. Même si les technologies actuelles ne permettent pas de le récupérer dans son entièreté, des méthodes peu compliquées et peu coûteuses nous permettent d'en réutiliser des quantités respectables: entre 20% et 60%. Notons que, à l'aide d'autres techniques modernes, il est possible de recycler jusqu'à 90% du bitume. De telles méthodes sont beaucoup plus onéreuses et ne sont donc employées que rarement.

2.Comment recycler ?

Les techniques de recyclage des enrobés peuvent être divisées en deux catégories : à chaud et à froid. Le recyclage à chaud est le seul procédé qui permette aux enrobés usés d'être entièrement réutilisés dans l'application de la plus haute qualité possible. Cependant, dans de nombreux cas et pour des raisons économiques, il est plus avantageux d'utiliser des techniques dites à froid.

Généralement, il n'y a pas une seule recette spécifique pour le recyclage ou la réutilisation de matériaux routiers. En effet, cela dépend de la situation locale (connaissances techniques et questions économiques, etc.). Une étude poussée précède toute prise de décision en ce qui concerne la meilleure méthode de recyclage à adopter.

3.Les deux principaux procédés.

  • A chaud

Les matériaux bitumineux usés sont récupérés, stockés et renvoyés dans des centrales d'enrobage (ce sont les usines qui produisent les enrobés bitumineux). Après quelques traitements, le bitume récupéré est comme neuf.

Ce type de procédé permet d'obtenir des produits d'aussi bonne qualité (ou presque) qu'à l'origine. C'est pourquoi on peut les réutiliser pour les mêmes fonctions. On peut contruire de nouvelles couches bitumineuses à partir d'ancienne couches bitumineuses.

On a recours au recyclage à chaud pour la construction et l'entretien des routes à fort trafic (autoroutes, nationales,...) qui ont besoin d'être solides, durables, de bonne qualité.

  • A froid

Cette fois, le bitume n'est pas renvoyé en centrale. Il est récupéré avec les autres matériaux composants de l'asphalte. Le tout est concassé, malaxé puis compacté.

Le recyclage à froid ne permet pas d'obtenir des produits de qualité (et de pureté) équivalente aux matériaux de départ. En effet, la matière récupérée ne peut être employée à nouveau pour une même fonction. Cependant on trouve une autre utilité aux enrobés recyclés à froid. Ils deviennent des constituants des couches de base des nos routes.

Le recyclage à froid est souvent utilisé dans la construction de routes secondaires.

Cette méthode est moins coûteuse que la première puisqu'il n'est pas nécessaire de ramener les déchets en centrale d'enrobage. D'ailleurs, on l'utilise souvent lorsqu'il n'y a pas de centrale à proximité.

Toutefois, notons qu'il est désormais possible de recycler à chaud sur place. En effet, il existe des machines spécialisées faisant office de "centrale d'enrobage portable". En voici un exemple :

4.0ù en est-on ?

En Belgique, à la fin des années 90, près de 40% des enrobés étaient recyclés à froid en accotements, sous-couches, chemins ruraux. Malheureusement seulement 10% étaient recyclés à chaud (procédé bien plus intéressant) dans la fabrication de nouveaux enrobés. Ce qui est peu lorsqu'on compare ces chiffres à ceux de nos voisins allemands. En effet, ils étaient déjà capable d'en recycler 80%. D'autres pays d'Europe comme le Danemark ou la Finlande récupéraient également plus de la moitié des enrobés.

Mauvais élève, mais consciente de l'être, la Belgique s'était donné comme but de recycler jusqu'à 70% de ce type de déchets au début des années 2000. Cet objectif, difficile à atteindre en si peu de temps, avait finalement été repoussé aux alentours de 2010.

Depuis, le taux de recyclage à chaud augmente nettement, en raison de l'augmentation du prix des produits pétroliers (dont le bitume) et grâce aux investissements réalisés dans des postes d'enrobage. Une estimation faite en 2007 a révélé que nous en étions arrivé à 30% de bitume recyclé à chaud.

De nouveaux rapports seront attendus dans le courant de l'année 2010.

5.Bibliographie

Déchets de construction et aménagements routiers. Exemples pratiques: granulats pierreux, revêtements hydrocarbonés, retraitement en place.

Bruxelles : CRR, 1995.

Disponible sur le site du CRR : http://www.brrc.be/pdf/bulletin/bul43.pdf

  • Recyclage des chaussées souples existantes.

Collectivité(s) auteur(s) : Comité Technique AIPCR des Chaussées Routières.

Editeur : Association Mondiale de la Route (AIPCR), Paris, 2001.

Disponible sur le web http://publications.piarc.org/ressources/publications_files/2/876,08-07-f.pdf